Première victoire pour Tartine sur le Mini Fastnet !

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Bonjour à tous !

Vous le savez, je suis toujours très heureux de prendre le chemin de mon clavier pour partager avec vous ce que je vis, au chantier comme sur l'eau. Cela fait partie des joies de mon métier de vous faire prendre un peu le large sur mon petit bateau, et ça me galvanise de me sentir si bien entouré ! Mais je dois dire que rarement je n'ai été aussi content de vous faire un compte-rendu de course... Forcément, quand la victoire est au bout, c'est tout de suite plus savoureux ! On embarque ?

 

Départ en bob, départ pas agoraphobe ! Photo : Simon Jourdan

 

Nous voici donc samedi 23 juin sur le petit port de Tréboul, à Douarnenez. A bord de Tartine, les bricoles prioritaires sont achevées - le rail de GV qui avait souffert lors du trophée MAP est réparé et les soucis de pilote automatique sont réglés. Du coup, le bonhomme aussi est un peu plus reposé, et mon coéquipier pour la virée en Irlande, Fred Denis, est plus qu'au taquet ! Tous les éléments sont donc réunis pour que, contrairement au Trophée MAP, il y ait moyen d'aller vraiment régater avec le bateau (sourire aussi carnassier que Fred devant un saucisson à 3 h du mat') !

Dès le prologue en baie de Douarnenez, nous sentons le bateau glisser. Il faut encore affiner les réglages, mais les premières sensations sont bonnes. Avec Fred, on sent qu'on va vite trouver nos marques, bien que nous n'ayons finalement couru en double qu'une seule fois, sur mon tout premier prototype, le 229... il y a 5 ans (ça ne nous rajeunit pas) !

Au terme de cette petite mise en jambe, nous décrochons une troisième place prometteuse, d'autant qu'un départ prématuré nous a obligé à refaire le tour de la ligne de départ ! Un premier "podium" plus symbolique qu'autre chose mais un plaisir non dissimulé d'y monter aux côtés de mes amis et sparring-partners de la Trinité-sur-Mer, Erwan Le Mené et Vincent "Enzo" Busnel !

 

Un couple au près en baie de Douarnenez. Photo : Simon Jourdan

 

Le lendemain, place aux choses sérieuses : le départ est donné en fin de journée, à 17 h. Aussitôt, nous profitons d'un bon placement et d'une bonne vitesse au près pour nous hisser aux avant-postes. Le vent thermique de l'après-midi s'essouffle pour laisser place au vent synoptique de secteur Est, et nous partons bon train traverser le chenal du Four au vent de travers. On dégaine le grand Gennaker, et il ne nous faut pas beaucoup de temps pour trouver comment mettre Tartine sur la tranche ! (le jeu de mot est de Fred, rendons à César Denis ce qui lui appartient !). 

Nous bataillerons dans le top 3 toute la nuit aux côtés des deux scows de cette édition : le célèbre 865 de François Jambou, bête de course gagnante de la dernière Mini Transat et des trois derniers Fastnet, et le 934 de Jorg Riechers, un plan Bertrand qui fait deuxième sur la même Mini Transat. En bonne compagnie donc... surtout à cette allure (reaching), où les carènes rondes et puissantes sont plus avantagées !

Après avoir contourné Wolf Rock, la farceuse Cornouaille anglaise avec ses courants et ses dévents, vient bousculer la donne. Dans une brise évanescente (non, c'était pas pour vous mettre une chanson dans la tête), notre progression est lente le long du DST des Scilly (Dispositif de Séparation du Traffic = autoroute à cargos). Nous voilà à ferrailler avec deux nouveaux camarades de jeu : le 800 de Erwan Le Mené - pour le moins familier de Fred puisqu'il gagna la Mini-Transat 2015 à son bord - et son sister-ship, le 850 d'Antoine Perrin... Trois plans Lombard aux avant-postes, tous bien contents d'être là !
 
Moment nostalgie pour Fred ! Photo : Simon Jourdan
 
Sur le long bord de portant (vent arrière) depuis la pointe sud-ouest de l'Angleterre jusqu'à l'Irlande, on réussit à s'échapper un peu par rapport à nos poursuivants... A bord on prend vite notre rythme avec Fred (avec qui l'on a l'avantage de bien se connaître, l'entente est idéale !) : on alterne des quarts d'une à trois heures, et l'on se prend vite au jeu de celui qui distancera le plus les poursuivants pendant son quart... « Tiens, je lui ai mis 0,4 mille, à toi de jouer. » Résultat : on arrive en tête en Irlande, avec une avance commençant à être significative !
 
Le phare du Fastnet est encore plus beau que dans mes souvenirs, l'Irlande nous gratifiant d'un grand ciel bleu ensoleillé avec une excellente visibilité ! A 12 h 40, après quelques bords à Tartiner au portant en admirant les petits châteaux en pierre trônant sur de hautes falaises verdoyantes, on salue la merveille avant de mettre le clignotant à gauche, direction la maison. Clairement, on fait bien de se réjouir, car la suite du parcours va être nettement moins agréable... 
 
Je crois que le rouge excite un peu les taureaux derrière... Photo : Simon Jourdan
 
C'est mécanique, le cerveau a tendance à effacer les mauvais souvenirs pour ne garder que les meilleurs moments. On le savait mais on l'a encore redécouvert : le mini c'est quand même nettement moins drôle au près ! Après un petit bord au reaching (vent de travers) lors duquel on découvre un "mode geyser", très rapide mais particulièrement humide, c'est parti pour un long bord à serrer le vent, l'ambiance à bord devient pour le moins sportive et franchement ruisselante !
 
Nos adversaires sont désormais à bonne distance, et je découvre que ce n'est pas forcément toujours facile d'être en position du chassé... Hors de portée visuelle et AIS (sorte de radar à faible portée fonctionnant par ondes VHF), il n'y a plus personne à surveiller dans le rétro ! Même si le schéma météo paraît assez simple et que nous n'avons pas de raison de nous inquiéter du potentiel de vitesse démontré jusqu'alors par Tartine, pour ma part le niveau de stress monte un peu... sans repère, j'ai en permanence la sensation que l'on pourrait aller plus vite... au taquet ! De son côté avec sa zénitude légendaire, Fred encaisse ma manière toute personnelle de vivre les choses : "T'es comme je t'imaginais sur l'eau", me balance-t-il alors que je scrute les écrans d'affichage... Touché !
 
 
Ce retour est loin d'être une promenade de santé, et après avoir pris le temps de refaire le match avec la cartographie de la course, on constatera que nous avons creusé inexorablement l'écart. Dans ces conditions aussi, à serrer le vent dans une mer un peu chaotique, le bateau semble avoir un sacré potentiel. Un constat d'autant plus probant que le sister-ship de Tartine, le 950 de François Champion, est auteur de son côté d'une sacrée remontada au classement !
 
Et l'on surgira de l'aube en irruption spontanée... Photo : Simon Jourdan
 
Après avoir contourné Ouessant par l'ouest, les cinquante derniers milles sont un peu plus au ralenti, mais on réussit à conserver notre confortable avance. Au lever de soleil, on déboule à Tréboul, après 3 jours 14 heures 9 minutes et 12 secondes de course, à la moyenne 6,96 nœuds. Le 865 coupera la ligne 2 h 41 plus tard, suivi par le 800. 
 
Difficile de trouver les mots pour vous décrire ce moment de joie intense ! Certes, j'ai bossé dur pour en arriver là avec quinze mois intenses de chantier... mais un tel résultat seulement quinze jours après la mise à l'eau, je n'aurais même pas osé en rêver ! Disons que pour moi qui ai fêté mes trente ans quelques jours avant le départ, je me suis offert avec l'ami Fred un sacré beau cadeau, même si j'avoue avoir encore un peu de mal à réaliser complètement...
 
On avait révisé une petite choré avec Fred sur l'eau, mais on a oublié l'étape du porté ! Photo : Simon Jourdan
 
L'heure n'est pas pour autant aux vacances, vous vous en doutez ! Depuis deux semaines, je prépare Tartine en vue de la grande course de l'année : les Sables - les Açores - Les Sables (la SAS, pour les intimes). Au programme, l'installation des panneaux solaires, des cale-pieds dignes de ce nom, quelques optimisations à droite à gauche et un peu d'entretien courant... Bref, il y en a pour tous les goûts !
 
Aussi et surtout, je profite de retrouver du temps pour m'atteler à la recherche de partenaires financiers pour pouvoir continuer l'aventure, et espérer m'aligner à toutes les courses de la saison prochaine pour bien préparer ma Mini Transat 2019 !
 
En attendant, je vous remercie encore de me suivre, et n'hésitez pas à partager le projet autour de vous... ! 
 
Je vous laisse avec nos aventures irlandaises en vidéo :  

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Axel TREHIN

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