La Mini Transat, retour aux sources du grand large

Revenir à l’essentiel, se débarrasser du superflu. Voilà la philosophie à l’origine de la création en 1977 de la Minitransat, devenue une des courses légendaires du monde de la voile. « L’essentiel », pour le pionnier britannique Bob Salmon, c’était retrouver le goût de l’aventure et ne plus céder aux sirènes du gigantisme, tant au niveau des bateaux que des budgets. Alors que la Minitransat connaitra en octobre 2019 sa 22ème édition, la valeur fondatrice de cette épreuve reste la même : le dépassement de soi dans le dénuement.

« Un homme, un océan, un monocoque d’une longueur maximum de 6,50m, et aucune assistance extérieure. »

 

 

A contre-courant de notre société hyper connectée

Le confort à bord de ces petits bateaux est inexistant : un recoin de la cabine de 4 m3 où on ne se tient que replié sur soi et des voiles humides pour tout lit - le sommeil se fractionne de toutes façons en siestes de quelques dizaines de minutes car il faut veiller sans cesse au bon fonctionnement du bateau. En guise de cuisine, un rudimentaire réchaud et des plats lyophilisés pour festin. Le ciré comme seul rempart contre l’eau pernicieuse qui s’infiltre partout à chaque vague. L’hygiène ? Quelle hygiène ? Ah, le seau...

 

Enfin, et surtout, la solitude d’une course sans communications, à contre-courant de notre société hyper connectée. Interdits les ordinateurs, téléphones satellite ou connexion internet : sont autorisés à bord un GPS de base, des cartes marines en papier, et une radio VHF, qui permet de communiquer avec les bateaux situés à moins d’une trentaine de kilomètres de soi. Au milieu de l’Atlantique, ils se font rares.

 

Seule exception à ce régime de faveur : le bulletin météo et un classement en distance, communiqué une fois par jour par la direction de course. Encore faut-il que les marins aient la chance de le capter suffisamment pour y entendre autre chose qu’une série de sons crachotants façon Radio Londres. Comme à une époque pas si lointaine, les concurrents doivent donc se fier à leurs seuls sens et à leur flair marin pour se diriger au gré des éléments. 

 

« C’est la Mini Transat qui m’a donné le goût du large. Je ne l’oublierai jamais. » 

Ellen MacArthur, 1997

 

 

« Je ne connais pas une course aussi extraordinaire. Il y a autant de vainqueurs possibles que de concurrents au départ. »

Jean-Luc Van Den Heede, 1979

Ecole de la course au large

Pour le commun des mortels, la MiniTransat est une hérésie sur une coque de noix donc. Pour les navigateurs, l’Aventure dans ce qu’elle a de plus noble et initiatique. Elle a ainsi vu naître des skippers comme Loïck Peyron et son frère Bruno Peyron, Marc Thiercelin, Yves Parlier, Laurent Bourgnon et son frère Yvan Bourgnon, Isabelle Autissier, Michel Desjoyeaux, Ellen MacArthur, Roland Jourdain, Marc Guillemot, Thomas Coville, Lionel Lemonchois, et bien d’autres…

 

En quarante ans, elle s'est imposée comme un examen incountournable dans la grande et belle école de la course au large qui fait tant rêver les foules. "Passe ta Mini d'abord" est une litanie récurrente pour les jeunes régatiers qui arpentent les pontons en espérant un grand départ. Une déclaration d’amour au large qui n’est toutefois pas sans risque : une dizaine de marins ont perdu la vie depuis la création de l’épreuve. 

A partir d'octobre 2019, plus de 4 000 milles pour rallier Le Marin depuis La Rochelle, en passant par l'étape de Gran Canaria, aux Canaries. 

 

Innovation permanente et science de la "débrouille"

Bien sûr, depuis ses débuts, celle qu’on surnomme « la plus solitaire des transatlantiques » a évolué. Car aligner tant de jeunes gens fourmillant d’idées et d’énergie, c’était s’exposer au risque de les voir inventer et réinventer leur univers. C’est ainsi que la MiniTransat est devenue un laboratoire pour développer les révolutions nautiques de demain. L’innovation, notamment dans la classe des petits bolides des mers que sont les prototypes, s’inscrit au cœur de la philosophie de la MiniTransat : quille basculante, mât carbone pivotant, spi asymétrique amuré sur un bout dehors pivotant, ballasts, voilà des exemples de ce que les Minis ont apporté au monde de la voile. 

 

C’est cette inventivité permanente qui oblige les prétendants à « la Mini » à devenir des docteurs en science de la « débrouille ». Il est rare de croiser un membre de cette étrange famille des « ministes » sans outil à la main ou sans liste longue comme le bras d’éléments à bricoler pour améliorer la performance de son précieux bateau, en l’allégeant de quelques grammes salvateurs. Mais comme nul n’est prophète en son domaine, cette créativité repose sur un deuxième pilier : la solidarité.

 

« Une fois que tu as fait la Mini, il peut tout t'arriver, tu seras prêt à affronter les pires galères » 

Thomas Coville, 1997

Entre les participants survit une camaraderie pugnace et une entraide permanente, d’autant plus vives que la course rassemble des profils très divers. Sur les pontons se côtoient ceux qui y voient un tremplin vers le professionnalisme et des bateaux plus gros, les accros à l’adrénaline, les amoureux des beaux bateaux, les solitaires en quête d’eux-mêmes, les amateurs passionnés qui y voient là l’accomplissement d’une vie, ou encore les rêveurs qui prennent le temps de pêcher une daurade en route. Un esprit familial et un respect mutuel uniques, car tous savent combien cette traversée de l’Atlantique se mérite, et implique de nombreux sacrifices dans leur vie de « terrien » pour toucher à ce rêve. 

 

 

« Je partais pour une compétition et je me retrouvais dans la position d’un aventurier. Cette transat est presque un point de passage obligé dans une carrière. »  

Michel Desjoyeaux, 1991

« Il y a les premiers qui se tirent la bourre sur des protos, et puis il y a les autres , c’est-à-dire l’immense majorité qui va entreprendre un voyage maritime en solitude. Face à eux-mêmes. On ne sort pas indemne d’un tel voyage sur soi-même dans le silence. »  

Denis Hughes, directeur de la Mini Transat depuis 2001

 

« La MiniTransat m’a rendue dingue, une révélation totale. En prenant le départ, je n’étais pas coureur… à la fin, je l’étais devenue. » 

Isabelle Autissier, 1987

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