Victoire sur la Transgascogne !

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     Dernier galop d'essai avant la grande traversée, la Transgascogne a lieu tous les deux ans et permet de faire un point sur l'état de préparation de chacun à la veille de la Mini-Transat.

     Deux étapes entre Port Bourgenay (Vendée) et Luanco (Asturies, Espagne) et un classement général au cumul des temps que je remporte pour 96 petites secondes, reflets d'une lutte acharnée !

 

1ère étape - Sprint au portant

     Après un report du départ pour éviter un coup de vent un peu nerveux, la flotte s'élance le 29 juillet à l'aube en route directe vers Luanco, cap au sud-ouest pour 243 Nm. Je prends un bon départ au milieu de la ligne et navigue en tête de la flotte pendant la première heure de course. Frédéric Denis (800), partenaire de chantier et d'entraînement, reviens à ma hauteur et prends l'avantage sur ce bord de grand spi rapide dans un vent très oscillant en intensité et en direction. Hors de question d'enclencher le pilote, il faut exploiter au mieux chaque risée et chaque petite rotation du vent pour se rapprocher du but plus vite que les petits camarades...

Quelques minutes après le départ - Crédit photo : Jean Pierre Giraud

     Une importante rotation du vent à droite prévue sur le dernier quart du parcours compose le principal enjeu stratégique. Mon schéma est de prolonger le bord au maximum vers l'ouest avant d'empanner pour faire route plein sud vers la côte espagnole. Plus je prolonge le bord dans l'ouest, meilleur sera l'angle pour redescendre quand le vent aura tourné, mais plus je prends le risque de rallonger la route... Le classement général étant calculé au cumul des temps entre les deux étapes, l'idée est également de faire du "gagne-petit" et de minimiser la prise de risque en ne me décalant pas outrageusement de mes concurrents.

Tout au de suite à l'attaque ! - Crédit photo : Christophe Breschi

     Frédéric empanne le premier un peu avant une heure du matin, il possède alors 3 Nm d'avance sur moi. Je trouve que sa manoeuvre est un peu prématurée par rapport au timing annoncé de la rotation à venir et je sais que je n'ai que peu de chances de revenir sur lui en empannant dans son axe. Je saisi l'opportunité pour me décaler sur sa droite en prolongeant le bord vers l'ouest une bonne heure de plus, en espérant créer assez de bras de levier pour revenir à sa hauteur lors de la rotation. Au milieu de la nuit la tension est à son comble, stratégiquement c'est là que tout se joue. A l'aube, alors que l'on distingue petit à petit la côte espagnole malgré des paupières bien lourdes faute de n'avoir pas été fermées depuis le départ, le vent tourne et s'intensifie. 22-23 nds de vent établis, plus de 25 nds dans les risées... En approchant de la côte le vent tourne encore un peu à droite et après une risée à 28 nds je dois me résoudre à affaler le grand spi pour soulager un peu le bateau... et faire baisser mon rythme cardiaque et ma tension nerveuse !

Ça vole pour le 716 ! - Crédit photo : Christophe Favreau

     Désormais sous Code 5 à moins de quinze miles de l'arrivée, le bateau passe toujours de crêtes en crêtes avec des pointes à 18nds sur une mer que la remontée des fonds a élevée et raccourcie. Je récupère le signal AIS de Fred et constate que je suis revenu très fort sur lui, cependant il paraît peu évident de prédire qui de nous deux arrivera le premier à la bouée mouillée devant l'arrivée, d'autant que les informations de vitesse que je reçois de son bateau m'indiquent qu'il attaque très fort lui aussi. Nous arrivons complètement exténués physiquement et nerveusement et les dernières manoeuvres dans un vent toujours soutenu sont peu évidentes à réaliser....

     Après avoir contourné la bouée d'une courte tête devant le 800, je coupe la ligne en vainqueur avec 3mn 10s d'avance... La satisfaction est grande et je ne boude pas mon plaisir mais il faut rester concentrer, nous repartons à quasi égalité pour l'étape retour !

Victoire sur la première étape ! - Crédit photo : Jean Pierre Giraud

 

2ème étape - La risée fantôme

     Nous repartons d'Espagne après trois jours d'escale consacrés à retaper les hommes éreintés par l'intensité de cette première étape. Le programme proposé par les prévisions météo est bien différent puisque nous parcourrons les trois quarts de la route au reaching (vent de travers) avant que le vent ne mollisse et tourne à droite (pour changer !) ce qui nous permettra de terminer sous spi. Je me loupe complètement sur une manoeuvre à une minute du départ et coupe la ligne bien en retard sur le compte à rebours. Fred, principal adversaire pour le classement général, a également une mauvaise appréciation de son timing et doit revenir derrière la flotte pour ne pas partir prématurément. Clément Bouyssou sur le 802, également partenaire d'entraînement basé à la Trinité sur Mer, prend les commandes de la flotte avec autorité. Ralenti par des soucis techniques sur la première étape qu'il finit en 3e position avec 45mn de retard, on sent qu'il a à coeur de prendre sa revanche.

Départ sous le soleil espagnol...

     Quelques heures après le départ le soleil se couche et nous sommes désormais un petit groupe de quatre bateaux à nous échapper aux avant-postes. En plus de Clément toujours en tête et de Fred qui est bien revenu, on voit naviguer avec plaisir à nos côtés Simon et son prototype flambant neuf (888). Après quelques déboires techniques lors de ses premières navigations, Simon semble prendre la mesure de sa machine surpuissante inspirée des plans Raison. C'est un des deux bateaux mis à l'eau cette année qui sera au départ de la Mini Transat et connaissant l'investissement personnel que cela représente je suis vraiment content pour Simon. Le petit groupe de quatre fait jeu égal en vitesse et après une nuit bord à bord, je m'attèle toute la journée à essayer de grappiller des mètres tout en gardant un décalage sous le vent de mes concurrents pour anticiper la rotation à venir.

Une bataille acharnée - Crédit photo : Christophe Breschi

     Le vent mollit et adonne, nous sortons le gennaker puis le code 5. Pour que ma stratégie fonctionne il faut absolument que j'arrive à rester très rapide sous le vent de mes concurrents et les très belles voiles North Sails réalisées avec minutie dans un temps record par la voilerie vannetaise marchent à merveille, de bon augure pour la Transat. Lorsque le vent finit par adonner franchement j'envoie le Grand Spi, nous sommes alors à une soixantaine de miles de l'arrivée. Mon placement paie puisque je me retrouve avec 2 Nm de gain sous le vent par rapport au paquet resté à ma droite. Les heures passent et nous nous rapprochons doucement du point d'empannage depuis lequel nous ferons route directe vers Bourgenay. Le coucher de soleil est tout aussi splendide que le lever de la lune, la mer est lisse et l'air est doux... c'est le bonheur à bord ! 

Cap sur l'étrave ! - Crédit photo : Christophe Breschi

     A moins de 10 Nm de la bouée d'arrivée j'empanne dans l'axe de Frédéric en ayant conservé mon avance, nous faisons route directe vers la ligne et dans un vent stable cette position est censée me donner le contrôle de mes adversaires... Cependant à l'approche de la côte vendéenne le vent est beaucoup plus erratique et la pression est nettement moins homogène sur le plan d'eau... La tension est de nouveau à son comble quand je vois, impuissant, Frédéric revenir sur moi avec une belle risée. Etant devant ça me paraît normal qu'il revienne par derrière si le vent se renforce et je me prépare à accélérer à mon tour... Cette fichue risée ne semble vraiment pas vouloir me tomber dessus et stagne quelques longueurs derrière moi, je ne la toucherai jamais et Fred n'en sortira que lorsqu'il sera revenu à ma hauteur...

     A moins d'une heure de l'arrivée mon avance s'effondre et nous repartons à quasi égalité, bord à bord. Je me fais doubler à 0,7 Nm de l'arrivée par un 800 survtaminé par son retour du diable vauvert et coupe la ligne en seconde position 1mn 34s plus tard... Je réalise une belle étape retour et gagne le général mais dans l'instant, la pilule est un peu dure à avaler !

Podium trinitain pour la Transgascogne avec Clément Bouyssou (3e) et Frédéric Denis (2nd)

La satisfaction du travail bien fait

     Quelques heures plus tard cette petite frustration est derrière moi et l'heure est au bilan. Evidemment, je suis très content et très fier de remporter cette belle course très disputée. En terme de vitesse pure, le travail réalisé pour préparer le bateau et en connaître le fonctionnement porte ses fruits, je tiens particulièrement à remercier la voilerie North Sails ainsi que notre coach Tanguy Le Glatin pour leur niveau d'implication, leur disponibilité et la qualité du travail qu'ils fournissent. Concernant l'aspect stratégique et la navigation, je suis également vraiment satisfait de la façon dont les choses se sont déroulées, l'analyse de départ était la bonne et j'ai su appliquer le schéma prévu sur l'eau. La sensation d'avoir progressé dans ces deux domaines ajouté à la fiabilité du bateau me permet de faire le plein de confiance pour la Mini Transat...

     L'engagement d'Aleph Racing et de Long-Cours à mes côtés a été un élément déterminant pour aborder cette course sereinement et je suis vraiment très fier de porter leurs couleurs de telle manière.

En route pour la Mini-Transat ! - Crédit photo : Jean Pierre Giraud

Et maintenant ?

     La Mini Transat part de Douarnenez le 19 septembre et d'ici là, ça va aller assez vite. L'exercice proposé est d'une autre envergure que toutes les courses d'avant saison et il apparaît primordial de garder la même rigueur dans la préparation de cet évènement hors du commun. Après le retour de mon bateau à son port d'attache de la Trinité sur Mer, je vais le sortir de l'eau et le ramener au chantier pour être dans les meilleures conditions pour réaliser deux semaines de préparation spécifiques à la Mini Transat.

     Installation de l'électronique de secours, d'un second panneau solaire, d'une pile à combustible, application d'une nouvelle couche de peinture sur la carène pour encore plus de glisse et préparation du matériel à embarquer, les sujets ne manquent pas. Ces quelques semaines seront également mises à profit pour préparer le marin (journée météo spécifiques transat et nouveaux entrainements) et pour continuer à essayer de fédérer de nouveaux partenaires autour de mon Aventure pour boucler mon budget.

 

     La Mini-Transat c'est demain, et je serai prêt.

Crédit photo : Jean Pierre Giraud

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Axel TREHIN

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