Premier podium !

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   Trente heures après mon arrivée sur la Mini en Mai (dont la moitié consacrée à dormir !), retour sur cette 3e course de la saison bouclée en 39 heures sur la 3e marche du podium !

Crédit photo : Thierry Martinez

Un parcours en deux temps, adapté aux conditions météo

 

     Le parcours initialement programmé de 500 Nm prévoyait de nous faire naviguer de l'ile de Sein à l'estuaire de la Gironde. Mais la facade atlantique était balayée par le passage d'un front particulièrement nerveux dans la matinée du mardi 5 - soit une quinzaine d'heures après le départ prévu - suivi d'une traîne active accompagnée d'un vent soutenu (25-30nds établis et rafales) jusqu'au mercredi 6 en fin d'après-midi. Des conditions engagées dans lesquelles il ne paraissait pas très raisonnable de faire naviguer une flotte d'une soixantaine de Minis.

     L'organisation de la course s'est donc adaptée au mieux à ces rudes conditions annoncées et nous a proposé en remplacement un nouveau parcours divisé en deux temps. D'abord, il s'agira de quitter La Trinité-sur-Mer comme prévu le lundi 4 en fin de matinée pour un parcours côtier dans la baie de Quiberon et entre Houat, Hoëdic et Belle-Ile, avec un retour au port prévu le soir-même, la course étant neutralisée dans l'attente d'un ciel plus clément. Dans un second temps, nous repartirons en milieu d'après-midi du mercredi 6 avec les mêmes écarts de temps qu'à l'arrivée du premier parcours côtier pour contourner le plateau de Rochebonne (au large de la Rochelle) puis passer sous le pont de l'ile de Ré avant de rentrer sur La Trinité. Un format inédit permettant à l'ensemble de la flotte de naviguer en sécurité et en préservant au maximum l'équité sportive, un bel exemple de réactivité et une belle réussite pour l'organisation et les coureurs !

 

Navigation sous pression à la maison

     Après un départ très moyen sur la Select le mois dernier, j'avais à cœur de me donner les moyens d'être dans le match tout de suite sur cette Mini en Mai. Du bon côté de la ligne et pas trop en retard au moment du coup de canon, je prends d'entrée de jeu les commandes de la flotte en direction de la Teignouse (extrémité sud de la presqu'ile de Quiberon). Sur ce bord de vitesse pure au reaching (vent de travers), je vois fondre sur moi le 802 et le 800 et passe en troisième position à la première marque du parcours avec des poursuivants affamés sur mes talons... J'hésite énormément sur la voile à envoyer pour le bord suivant qui est vraiment très court. Mes prédécesseurs n'envoient rien, mes poursuivants envoient le gennaker pour l'un et le code 5 pour l'autre. A trop tergiverser j'envoie en retard par rapport à mes poursuivants qui ne se font pas prier pour me griller la politesse (753 et 814) et je me retrouve en 5e position au moment de commencer le bord vers la pointe sud-est de Belle-Ile...

 

 

Images du départ de la Mini en Mai ce lundi 4 mai à 11h

Posted by Classe MINI on jeudi 7 mai 2015

 

     Alors que je suis bien remonté au moment de partir vers Hoëdic, je vois une fenêtre pour attaquer mes prédécesseurs en créant un petit décalage sur un virement de bord mais la rotation à gauche du vent sur laquelle je mise ne vient jamais... Comme je ne m'abrite pas autant du courant que je l'aurais voulu, je laisse de nouveau passer un concurrent (679) et se rapprocher mes poursuivants !

     Sur le dernier bord, l'angle par rapport au vent nous permet à nouveau d'envoyer des voiles d'avant. Quelques secondes après mon envoi, le spi claque et le mousqueton d'écoute s'ouvre, je dois mettre le bateau à l'arrêt face au vent pour réussir à récupérer et affaler le spi... qui au passage se déchire ! Je renvoie aussi vite que possible un autre spi (un peu plus petit) mais j'ai perdu de nouveau du terrain dans la bataille... Bien décidé à ne pas me laisser faire, je fais ce que je peux pour mettre un maximum de charbon. Je réussis à décoller un peu mes poursuivants, à doubler le 5e qui a des petits soucis pour tenir son spi et à revenir dans le sillage du 4e...

     Après deux premières courses encourageantes en début de saison, j'ai vraiment très envie de confirmer en faisant de belles choses sur cette Mini en Mai qui se court "à la maison" et je me mets tout seul un stress et une pression inutile... Heureusement, je suis quand même content d'avoir pris un excellent départ mais surtout ravi d'avoir encore pris un plaisir énorme à naviguer sur Raoul Pastèque, notamment sur ce dernier bord très rapide où la navigation devient vraiment aérienne...

 

Crédit photo : Bernard Bodin

Un second parcours intense

     Après cette petite mise en jambe je repars deux jours plus tard en 5e position, 21 minute après le 800 de Fred Denis, premier à avoir bouclé le parcours côtier. Le bord en direction de Rochebonne est au reaching (travers), dans un vent soutenu annoncé molissant. Très vite un petit paquet de cinq bateaux se forme, et c'est tout proche les uns des autres que nous bataillons pour la 3e place, à la poursuite du 2e... Le match est vraiment intense et très serré, dès que l'un d'entre nous passe sous pilote pour manger un petit morceau, s'accorder un quart d'heure de repos ou bricoler quelque chose sur le bateau, il concède des longueurs aux concurrents... Pas question de lâcher la barre et les réglages ! C'est donc en formation collée-serrée que nous contournons la plateau de Rochebonne à quatre (814, 667, 679). Dans la nuit noire, je m'applique à envoyer mon spi le plus rapidement possible tout en gardant une trajectoire la plus lisse possible vers la marque suivante. Un virage négocié à la corde me permet de prendre la tête de notre petit paquet et donc la 3e place de la course...

Crédit photo : Thierry Martinez

    Une transition de quelques heures sans vent entre le régime d'ouest et le nouveau vent d'est nous oblige encoreà ne pas lâcher la barre pour essayer de mettre à profit chaque petite risée. C'est ensuite au près que nous progressons désormais vers le pont de l'Ile de Ré. Nous arrivons à proximité de l'ile avec du courant contraire et le jeu consiste à multiplier les virements de bord pour naviguer au plus près de la côte dans moins de fond et donc moins de courant. Je contourne le phare de Chauveau puis passe sous le pont de l'Ile de Ré avec quelques minutes d'avance sur le 814, et derrière lui le 679 et le 667 sont toujours bien visibles alors que pour sa part le 753 qui navigue devant moi en 2e position a un peu pris la poudre d'escampette...

Crédit photo : Alain Weinachter

     Un décrochage du pilote couplé à une jolie figure de style (départ à l'abattée) plus tard, Jean-Baptiste (814) me talonne à nouveau de très très près après 24h de course... Le basque me collera aux basques jusqu'à la tombée de la nuit et l'approche de l'ile d'Yeu, où après une bataille d'empannages dans peu d'air le vent rentre un peu plus fort et un peu plus à gauche nous permettant de faire route direct sur la Trinité sur Mer. Le 679 et le 667 n'ont pas lâché prise et restent toujours en embuscade. Naviguer au contact de ce petit groupe nous a vraiment poussé à faire avancer au mieux nos bateaux, ce qui nous permet d'avoir de nouveau dans notre ligne de mire Luke, toujours en deuxième position. Une fois la nuit tombée, je perds de vue le feu de tête de mât du 814 qui passe à l'extérieur de l'ile d'Yeu, j'ai vraiment du mal à distinguer celui du 679 un peu décalé à la côte et je ne vois pas du tout celui du 753... En manque de repères pour comparer ma vitesse à celle des autres, je m'applique à faire avancer le bateau au mieux en espérant être dans le bon rythme...

     Après avoir longé Noirmoutier, traversé l'estuaire de le Loire et dépassé le plateau du Four, je distingue clairement un feu de mât devant moi... Le feu se met à être de plus en plus intense, la trajectoire de ce bateau semble étrange et j'ai de sérieux doutes sur le fait que ce soit un Mini en course quand ses feux rouges et verts m'indiquent qu'il fait route inverse de la mienne... Je reviens à proximité et dépasse même pendant quelques minutes ce bateau que je finis par réussir à identifier comme étant Luke. Je l'apprendrai plus tard mais à ce moment il vient de se prendre la quille dans un casier, ce qui explique sa trajectoire étonnante ! Le vent a molli et dans l'idéal il faudrait que je renvoie un spi plus grand, Luke a repris son chemin quelques secondes après que je lui sois passé devant et faire le changement à ce moment lui permettrait de toute évidence de repasser en 2e position... A 10 Nm de l'arrivée, je décide de garder mon spi medium et commence des incantations pour que le vent se renforce et/ou tourne un peu à gauche, ce qui me permettrait d'être au moins aussi rapide que Luke et de rester devant lui... Ce n'est pas le cas et il finit par reprendre sa place, je couperai la ligne d'arrivée en 3e position 6 minutes derrière lui...

De gauche à droite : Luke Berry sur le 753 (2e), Fred Denis sur le 800 (1er), et votre humble serviteur (3e).

Premier podium et perspectives

     Je suis ravi de cette 3e place, ravi de faire un podium et surtout très content d'être revenu fort sur Luke sur la fin de course, alors que j'accusais un retard d'1h15 sur lui au passage du pont de l'île de Ré... Je suis content d'avoir atteint les objectifs que je m'étais fixés après la Select : prendre un bon départ, me rapprocher des premiers et surtout trouver le bon rythme de course... Epuisé à l'arrivée après moins d'une heure de sommeil en 39 heures de course, j'ai la sensation de m'être donné à fond - sensation que, en bon compétiteur un peu exigeant avec lui-même, j'ai besoin de ressentir pour être satisfait de ma prestation.

     Trois semaines sans course m'attendent, l'idée est de se reposer et de continuer à s'entraîner pour revenir au top de ma forme début juin pour le Trophée MAP à Douarnenez. Je compte également mettre à profit ces journées pour soigner la communication autour du projet en vue d'attirer de nouveaux partenaires. Il est urgent pour moi de trouver des soutiens pour pouvoir continuer à m'inscrire aux courses mais également pour remplacer mes voiles, cinq sur six d'entre elles ont plus de quatre ans et sont sur le point de s'ouvrir... Je sais que le bateau a le potentiel pour aller encore plus vite et il faut que je puisse compter sur des voiles performantes et fiables pour franchir un nouveau palier, que je sens à ma portée. 

Crédit photo : Thierry Martinez

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